« Appel aux spécialistes des blogs et du référencement | Page d'accueil | Cambriolage »

28/03/2006

L'identification des carnivores domestiques

Lorsqu'il s'agit d'identifier un chien ou chat, les propriétaires nous demandent souvent : "Lequel est le mieux ?" Aucun, mon général !

Deux techniques existent : le tatouage (avec ses deux options : dermographe et pince) et l'identification électronique qui sera le seul mode reconnu d'ici quelques années (mais les avis divergent sur la date butoir)

Affranchissons-nous tout de suite des contraintes légales (loi N°99-5 du 6 janvier 1999, article 276-2 du Code Rural) : "Tout animal âgé de plus de 4 mois né après le 6 janvier 1999 doit être identifié". En plus, un chien ou un chat doit être identifié avant d'être vendu ou donné (c'est donc le vendeur/donateur qui doit faire tatouer, et non pas le futur propriétaire !). Voilà pour la théorie.

A quoi sert une identification ? La réponse est dans la question, mais l'intérêt majeur s'exprime lorsqu'un animal tatoué ou "pucé" s'égare. Dans la majorité des cas, ce chien ou ce chat est de retour dans son foyer quelques heures après avoir été trouvé. En défaut d'identification…

La législation européenne prévoit depuis 2004 un passeport européen pour le passage des frontières. Ce passeport ne peut être délivré que si l'animal est identifié et certains pays n'acceptent que la puce électronique.

Enfin, dernier avantage, illustré récemment par le cas de rage qui a défrayé l'actualité dans le Sud-Ouest de la France : un certification de vaccination anti-rabique n'est validé que si le chien ou le chat est identifié.

Le tatouage à la pince.

Vieux vestige d'un procédé indigne de la médecine vétérinaire, mais qui permet notamment aux tatoueurs habilités (non vétérinaires) de procéder à une identification, ceux-ci n'ayant pas l'autorisation de réaliser une anesthésie générale. Cette technique est douloureuse et provoque un stress intense chez le jeune chiot qui hurle et urine de peur lors de la manipulation. Elle est inutilisable sur un gros chien qu'il ne serait pas possible de maîtriser. Autre inconvénient : beaucoup de ces tatouages sont illisibles au bout de plusieurs années. Enfin, le nombre de caractères utilisés (7 actuellement) rend parfois la mise en place de la pince délicate sur l'oreille d'un jeune chien de petite race (Yorkshire, Pinscher, par exemple). Ces inconvénients ne sont même pas compensés, à mon avis, par le seul avantage : le faible coût.

Le tatouage au dermographe.

Si le principe reste le même que celui décrit ci-dessus, le mode opératoire est plus satisfaisant. Il s'agit d'un réel tatouage avec un dermographe électrique, réalisé sous anesthésie générale. Cela demande bien sûr que l'animal reste une journée (voire une matinée) chez un vétérinaire en raison de l'anesthésie, celle-ci étant le seul inconvénient. Mais la durée de l'anesthésie est très brève, et dans le cas de jeunes animaux, la récupération est rapide (de l'ordre de 1 à 3 heures).

L'identification électronique.

Sa mise en place est récente en France, alors qu'elle est utilisée depuis plusieurs années dans les autres pays européens. Son caractère international est un réel avantage pour les personnes qui voyagent dans la communauté européenne. Il s'agit donc de mettre sous la peau du chien un implant inerte possédant un code. Avec un appareil de lecture approprié, il est alors possible de le décrypter : pays d'implantation, producteur de l'implant et enfin numéro individuel de l'animal. L'implantation se réalise au cours d'une consultation et ne nécessite aucune précaution particulière. La puce est de la taille d'un gros grain de riz allongé et est posée sous la peau à l'aide d'une grosse aiguille. Malgré la taille respectable de celle-ci, il est curieux de constater que les chiens ne réagissent pas lors de son introduction, et que les chats réagissent peu. Précisons quand même que cette puce n'est pas couplée à un système GPS. Mais qui sait, un jour, peut-être…


Après l'identification, une carte définitive est remise au propriétaire dans le cas d'un tatouage et un certificat d'identification provisoire dans le cas d'une identification électronique, le certificat définitif parvenant quelques semaines à quelques mois plus tard. Dans chacun des deux cas, le vétérinaire envoie les doubles de ces documents aux organismes concernés.

Les cartes de tatouage sont gérées par la Société Centrale Canine et les certificats d'identification électronique par le SIEV. Ce qui ne va pas d'ailleurs sans quelques tensions (financières…) entre ces deux organismes.


On entend beaucoup de choses à l'encontre de l'identification. Passons sur l'aspect financier, un de mes client m'ayant dit au sujet des tarifs de tatouage : "A ce prix là, moi je veux bien tatouer toute la journée !". Cela coûte moins cher qu'un plein de 60l de SP98 et cela dure toute la vie de l'animal !

Beaucoup de propriétaires – de moins en moins je trouve depuis un certain temps – veulent un tatouage à la cuisse afin d'éviter que d'éventuels trafiquants coupent l'oreille tatouée. L'utilisation frauduleuse des animaux pour des expérimentations sauvages relève d'un autre débat, mais précisons simplement que le fait d'avoir à trancher une oreille ne va jamais empêcher un trafiquant (malhonnête et sans scrupule par définition) de voler un chien. Ledit trafiquant n'hésitera pas non plus à verser de l'acide sur un tatouage réalisé sur une cuisse. Rappelons enfin qu'un tatouage sert essentiellement à retrouver le possesseur d'un chien ou d'un chat lorsqu'il s'égare, et non pas à empêcher un voleur de le subtiliser.

Un champ magnétique assez puissant pourrait annuler les propriétés "électriques" de la puce. Un professeur de l'ENV d'Alfort s'était rendu célèbre en le prouvant expérimentalement. Pourquoi pas. Mais comme du même coup, la force électrostatique nécessaire tuerait l'animal porteur de l'implant, on ne voit pas trop l'intérêt de cette méthode frauduleuse. Reste aussi le voleur barbare qui scarifie l'épaule gauche pour rechercher l'implant…

Dernier reproche formulé envers l'identification électronique : "Faut amener l'animal chez le véto pour savoir s'il a une puce". Bon, oui, en effet. Pas facile d'emmener le berger allemand récalcitrant dans la 4L, mais pas plus difficile que de lire un tatouage enfoui sous le pelage d'une cuisse appartenant à un Rottweiler récalcitrant de 50 kg. Sans compter les vieux tatouages à la pince, délavés, qui nécessitent un coup de tondeuse et un nettoyage à l'éther afin d'éclaircir la zone. Et si par malheur un caractère est illisible, la recherche télématique auprès de la SCC devient parfois un petit parcours du combattant pour peu que le serveur de la SCC soit en dérangement.



Commentaires

c'est vrai que malgré la taille de l'aiguille et sachant que lors des piqures c'est l'introduction de la dite aiguille qui fait mal...je suis étonnée de voir que la pose de la puce électronique n'occasionne généralement aucune réaction de fuite ou de douleur chez les chats et chiens!
ici au Portugal, seule la puce est reconnue...et obligatoire bien sur

Ecrit par : steuf42 | 28/03/2006

Ecrire un commentaire