16/02/2009
Le rapport Guéttali-Attané
Il vont bien finir par y arriver...
Il n'y a que 9300 praticiens vétos en France, autant dire une larme dans un torrent de bulletins de votes. Beaucoup moins que le nombre de pêcheurs à la ligne, de conducteurs automobiles ou de licenciés dans la Fédération Française de Rugby. Rien, un fêtu de paille. Des huluberlus qui mangent avec un Opinel pour les plus pauvres ou qui roulent en Porsche Cayenne. Bref, une profession peu enviable qu'il conviendrait de moraliser. De remettre dans le droit chemin.
Deux rapports (Attali et Guéné) sont en circulation afin de cadrer cette profession qui pénalise le pouvoir d'achat de la France d'en bas par son libéralisme économique débridé et ses monopoles concernant la santé animale. Des salauds en quelque sorte, au 8ème rang dans le classement des revenus des professions libérales de santé. Bref, des parvenus bourrés de stock options ! Des salauds, vous dis-je, qui ne connaissent même pas les effets de la crise.
Dans un premier temps, il faudrait les chatouiller là où ils sont le plus sensibles : alors qu'ils n'ont pas de quota concernant leur installation, on va démocratiser encore plus leur formation (il y a déjà une formation privée qui a tenté le coup) et leurs conditions d'installation (remise en cause de l'unicité d'exercice, un truc qui vient de l'Europe et dont personne n'est capable d'expliquer les tenants et les aboutissants).
Quand ils en seront à se battre pour garder leur clientèle, on leur retirera la vaccination. Une aberration venue de la nuit des temps et qui ne sert à rien, si ce n'est de piquer du pognon une fois par an aux propriétaires d'animaux, tant de compagnie que de rente. Cela allègera les charges des éleveurs qui auront tout loisir de piquouzer leurs vaches et leurs moutons. Et les chasseurs pourront enfin vacciner leurs 15 chiens en toute légalité en achetant leurs doses en pharmacie sans prescription (ce qu'ils font d'ailleurs depuis longtemps !). Ben oui, hein, vacciner, c'est pas dur : une aiguille, une seringue, un peu d'alcool et hop on enfonce sous la peau... pas la peine avoir fait 7 ans d'études pour en arriver là ! Deux ans au maximum et un corps d'infirmiers vétérinaires suffiront bien à cette tache, si nécessaire.
Des voix s'élevent ici et là au sein de notre profession pour affirmer que nous saurons nous adapter, que les vétos vendeurs de croquettes n'ont plus leur place (laissons la aux pharmaciens), que les vétos survivront grêce à leur technicité (formation continue obligatoire pour vacciner... ah non, pas les vaccins, fini les vaccins !), que les défis à relever ne pourront que fortifier la profession. Ah, voilà... le challenge ! La saine émulation, la concurrence positive dans un contexte d'adversité au milieu d'un open space vivifiant. Tuez-les tous et Dieu reconnaitra les siens dans les bureaux de l'ANPE (on dit Pôle Emploi, je crois)
Et puis, pourquoi ces nantis se plaignent-ils puisqu'ils vont récupérer le service d'ordre de la sécurité canine, bientôt une spécialité.
Il vont bien finir par y arriver...
11:41 Publié dans Pause café | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : raprort, profession, vétérinaire, attali, guéné |
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Commentaires
Comme tu as raison!
Un délégué me disait il y a quelque mois, que tous les labos avaient reçu un ordre formel de je ne sais plus quelle administration de ne pas affoler la population suites aux rages de l'année dernière, car comme il y avait un soucis de pouvoir d'achat, il ne fallait surtout pas déclencher de dépenses supplémentaires...
D'ailleurs quasi rien dans les médias, alors qu'il y a quelques années, le cas Bordelais avait fait tout un foin.
Je suis très péssimiste pour la profession: les gens ne nous aiment pas (nous sommes les nantis qui se font du blé sur le dos de ces pauvres bêtes) et prennent un malin plaisir à se procurer ailleurs tout ce qui est possible (même si ce n'est pas moins cher), nous sommes une proie facile pour les politiques car trop peu nombreux et nos ordre et Syndicat ne nous défendent pas, pire créent sans cesse de nouvelles contraintes soit-disant pour notre bien...
Ecrit par : Philippe | 17/02/2009
mais si le rapport Guené est utile à la profession, la preuve:
http://kastet.over-blog.net/article-26948874.html
Ecrit par : fabrice | 25/02/2009
un classque (adaptable à pas mal de professions) :
c'est un véto qui appelle un plombier pour réparer la machine à laver qui fuit grave.
Après 1/4h de bricolage, la panne est réparée et le plombier présente ses honoraires (euh non sa facture)
- hein, quoi... 400€, 1/4h de boulot, vous êtes venus avec une caisse à outils pourrave. Vous vous rendez compte ! moi faut que je bosse une journée pour faire ce chiffre d'affaire. C'est du vol
- Que voulez-vous... moi aussi je disais pareil quand j'ai arrêté d'être véto.
Ecrit par : françois | 25/02/2009
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