23/02/2009

La vaccination en 10 questions

Préambule : aucune réponse ne sera donnée à toute question d'ordre particulier. Seul le vétérinaire "traitant" est apte à vous apporter la meilleure réponse concernant votre animal


1°) Mon chien ne sort jamais. Est-il utile de le vacciner ?
Les maladies infectieuses ne se transmettent pas toujours par un simple contact direct entre deux êtres vivants La leptospirose, par exemple, peut être transmise alors que votre animal a simplement pataugé dans une flaque d’eau contaminée par un rongeur, le germe étant capable de pénétrer dans l’organisme par une simple petite coupure sur le coussinet. Pour le typhus du chat, la transmission s’effectue par vos chaussures ! Il est donc toujours utile de vacciner un animal, même s’il ne sort jamais.

2°) J’ai dépassé la date du rappel annuel de vaccination de trois jours. Est-ce grave ?
Grave, non. Mais il est impossible au vétérinaire de vous garantir une protection maximale lors du rappel. Chaque vaccin est étudié avant d’être commercialisé et d’épais dossiers sont transmis au Ministère de la Santé par le laboratoire fabricant. Chaque vaccin a des conditions d’utilisation prévues par ces études. En l’occurrence, une durée d’action maximale a été définie afin que l’immunité soit toujours efficace lors du rappel de vaccination. Dans les conditions normales d’utilisation, lorsque la date prévue par le mode d’emploi est dépassée, ne serait-ce que d’un jour, il n’est pas possible de garantir la continuité de la protection. Il faut alors recommencer les primo-vaccinations afin de relancer le système immunitaire. Chaque vétérinaire, en fonction des circonstances, estimera si le dépassement risque d'avoir des conséquences ou pas sur l'immunité.
Attention : lors des primo-vaccinations, le délai entre chaque injection est d'environ 3 à 4 semaines. Une grande rigueur est alors appliquée : revenir vacciner son chien au bout de deux mois nécessite de recommencer la série d'injections.

3°) J’ai toujours vacciné mon chien contre la gastro-entérite hémorragique, mais le vétérinaire me dit qu’il a attrapé cette maladie. Pourquoi ?

De par sa nature « biologique », un vaccin ne peut pas protéger à 100%. Et même s’il protège dans 99.9% des cas, si l’exception tombe hélas sur votre animal, cela ramène la statistique à 0% de protection pour le malade. La protection peut varier pour plusieurs raisons. Lorsque votre chiot est vacciné pour la première fois, son organisme possède encore des cellules immunitaires acquises lorsqu’il a tété du colostrum lors des premières heures de sa vie. Généralement ces cellules sont en faibles quantités à partir de 2 à 3 mois selon les maladies concernées. Toutefois, dans certains cas, ces quantités sont trop importantes et neutralisent les réactions induites par le vaccin. Il est impossible de façon simple de connaître ces variations individuelles. Lors d’une primo-vaccination, il arrive que l’animal soit déjà contaminé et soit en phase d’incubation : dans ce cas le vaccin ne peut plus protéger. Enfin, les virus sont sujets à des modifications antigéniques qui empêchent le vaccin d’agir totalement. Les écarts dans les dates de rappel ne sont pas à négliger non plus (cf question N°2)

4°) Est-ce que je dois continuer à vacciner mon vieux chat de 14 ans ?

A moins d’enfermer votre chat sous une cloche stérile, il est impossible de l’isoler des germes environnants. Même à quatorze ans, Minou va être soumis à des agressions infectieuses. En outre, en raison de son âge avancé, son système immunitaire est sans doute moins performant. Il n’y a donc aucune raison valable de ne plus vacciner un animal âgé. La répétition annuelle des vaccins augmente à chaque fois la qualité de la protection, mais seulement pendant une durée définie qui reste fixe quel que soit l’âge de l’animal ou le nombre d’injections précédemment réalisées. Il est faux de croire qu'un animal régulèrement vacciné pendant dix ans profite d'une immunité "retardée" lorsqu'on ne le vaccine plus.

5°) Pourquoi le vétérinaire facture-t-il une vaccination plus chère qu’une consultation ?
Tout simplement parce qu’il s’agit réellement d’une consultation au cours de laquelle votre animal est vacciné ! Les conditions d’exercice entre la médecine vétérinaire et la médecine humaine sont différentes. Votre animal ne parle pas et en plus ne vous dit pas tout ! L’homme de l’art doit donc vérifier son état de santé en l’examinant et en vous posant des questions. Il s’agit donc bien d’une consultation qui parfois permet de détecter des affections soignables efficacement, à condition d’agir vite. En outre, au cours d’une telle consultation, il n’est pas rare d’aborder des aspects alimentaires, parasitaires, comportementaux… Si l’on admet sommairement qu’un an de vie de chien équivaut à sept ans d’une vie d’humain, une visite annuelle correspondrait à une visite tous les sept ans chez son médecin. La vaccination correspond plus à un bilan annuel de santé qu'à une simple injection.
Dans le budget familial consacré au chien (alimentation, assurance, pension lors des vacances – ou supplément au camping ou à l’hôtel -, colliers et laisses, paniers de couchage, frais vétérinaires usuels hors maladie, clôtures anti-fugues, toilettage, etc…), le coût de la vaccination ne représente que 5 à 10 %.

6°) Je n’ai jamais vacciné mon dernier chien qui a vécu en parfaite santé jusqu’à 12 ans. Pourquoi faudrait-il vacciner mon chiot de deux mois ?
Tout comme il existe une très faible probabilité pour que votre animal vacciné attrape une infection, il existe aussi une certaine probabilité pour que votre chien non vacciné n’attrape aucune maladie infectieuse. Mais il s’agit simplement du hasard en non pas d’un fait acquis mettant en évidence une quelconque inutilité de la vaccination. En outre, si les maladies impliquées ne sont pas forcément rencontrées quotidiennement, elles sont suffisamment graves pour justifier de la mise en place d’une protection immunitaire. Enfin, n’oublions pas que les dernières épidémies de la Maladie de Carré étaient dues à une baisse du nombre d’animaux vaccinés.

7°) Pourquoi n’est-il pas possible d’acheter des vaccins pour mon chien ou mon chat ?

La délivrance de certains médicaments est soumise au Code de la Santé Publique, ensemble de lois qui s’appliquent à tous les médicaments, tant humains que vétérinaires. Les vaccins sont soumis à ces lois qui prévoient qu’une ordonnance est nécessaire pour l’acquisition d’un vaccin auprès d’un vétérinaire ou d’un pharmacien.

8°) On ne nous parle jamais des accidents qui surviennent lors d’une vaccination !
Ces accidents ne sont pas fréquents et ne sont jamais évoqués en raison de leur extrême rareté. Pour plusieurs millions de chiens vaccinés chaque année en France, il ne faut déplorer que un à deux incidents graves. Cela ne doit pas masquer toutes les pathologies évitées grâce à ces actes médicaux.
Certains chats développent des anomalies cutanées sur le lieu de l’injection. Ces dermatoses sont rares en regard des trois millions de chats vaccinés annuellement. En outre ces dermatoses particulières sont aussi parfois observées lors de traumatismes cutanés sans relation avec une quelconque vaccination.

9°) Certains vaccins sont artificiels. Que risquons nous à long terme ?
Quelques vaccins sont obtenus à partir de ce que l’on appelle le génie génétique et cela représente une grande avancée scientifique. Les laboratoires étudient les éventuelles conséquences de ces progrès et nous devons nous poser ces questions. Actuellement, il n’y a aucun élément qui nous permet d’affirmer que notre santé ou celle de nos animaux va être altérée par ces nouvelles techniques. Les refuser serait oublier que la diphtérie, la variole ou la poliomyélite ont été vaincues grâce à l’emploi des vaccins. La médecine humaine fonde de grands espoirs sur ces techniques avancées pour la lutte contre le SIDA.

10°) Pourquoi devons nous faire des rappels annuels ?
Chaque cellule garde en mémoire le passage d’une substance vaccinale. Cependant au bout d’un certain temps proportionnel à la durée de vie de l’animal et au pouvoir protecteur du vaccin, cette mémoire s’efface progressivement. En dessous d’un certain seuil, elle devient inefficace pour lutter contre une maladie. Mais certains vaccins, comme celui de la Maladie de Carré, sont généralement efficaces deux ans.

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