04/03/2009
La pensée du jour
Je ne sais plus quel véto a dit : " Notre boulot c'est exactement comme celui d'un pédiatre : le patient ne parle pas." Je serais tenté de rajouter qu'en plus, nos patients ne nous racontent pas tout ! Et on nous en fait souvent la remarque : "Vétérinaire, c'est plus dur que médecin, passque les bêtes, elles disent pas où qu'elles z'ont mal !"
Alors oui, bien sûr, on arrive heureusement à poser des diagnostics, mais parfois ce n'est pas vraiment grâce au client :
- qui veut nous déposer vite fait l'animal et revenir le chercher quand on aura tout soigné.
- qui envoit soit le fiston de 15 ans, soit le fiston de 50 ans. Dans le premier cas, il ne sait pas grand-chose, et dans le second, non seulement il ne sait pas grand-chose, mais en plus cela l'em... royalement d'emmener le chien de ses vieux (quitte, d'ailleurs, à recommander l'euthanasie)
- qui nous assène des : " C'est vous qui décidez, c'est vous le véto ! "
- qui ne sait pas si son chien/chat urine, boit ou défèque normalement : "Ah ben, vous savez, il va faire ça tout seul dans le jardin, et puis il a une grosse cuve pleine d'eau de pluie pour boire. "
- qui nous demande de poser un diagnostic, un pronostic, et établir un traitement pour moins de 20€ alors que l'animal est malade depuis 1 mois - enfin, c'est ce qu'on nous dit - et que les seuls signes cliniques ne permettent pas de trouver l'affection de façon simple.
- qui a décidé, grâce aux informations glanées sur le net, que son chien avait une gammapathie monoclonale. Et donc qu'il s'étonne qu'on ne réalise pas tout de suite une immunoélectrophorèse des protéines plasmatiques, au lieu d'enfoncer bêtement le thermomètre dans les fesses.
Si tout était aussi simple, on le saurait depuis longtemps.

10:27 Publié dans Pause café | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : véto, médecin, diagnostic, client |
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Commentaires
Sans compter, comme dirait ce bon Dr House, que le client ment de manière quasi systêmatique.
Il est vermifugé, "oui, oui, j'en ai encore à la maison"...
"il n'a pas de puces, je le traite tous les mois"... et après on nous reproche que les pb de peau de Kiki ne passent pas.
Ou encore celui qui traite bien l'otite de son labrador tous les jours matin et soir, mais à qui il reste encore du nettoyant et du produit de traitement au bout d'un mois ...
Ecrit par : Philippe | 07/03/2009
Les clients deviennent de plus en plus chiants, et partant de là, le métier moins intéressant...Je me retouve à aimer de plus en plus pratiquer de la chirurgie, du moment que je n'ai plus affaire aux casse-pieds habituels : misanthropie, lassitude?...Nous ne sommes plus respectés, notre parole et nos actes non plus, nous sommes suspects d'emblée et en plus, trop chers...Leur exigence est inversement proportionnelle au nombre (intact) de neurones qu'ils possèdent : pénible. Décourageant parfois, souvent...déprimant voire amenant certains confrères aux pires extrémités ("burn out", suicide).
Et c'est pas mieux chez les médecins...
Ecrit par : fabrice | 19/03/2009
A ceci près que les médecins ont leur salle d'attente remplies grace à la sécu (difficile d'avoir un arrêt de travail ou de se faire rembourser ses médoc sans passer par un médecin), et de ce fait peuvent se permettre d'envoyer ballader les plus chiants... nous non, nous sommes obligés de "faire la pute" (excusez l'expression mais c'est mon ressenti).
Pour le reste totalement en accord avec toi. Je rajouterais que leur exigence est également inversement proportionnelle à la somme qu'ils sont prêts à débourser.
Ecrit par : Philippe | 19/03/2009
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