22/04/2009
Vétérinaire cherche stage de formation chez plombier
Ca y est nous y sommes. Notre profession va franchir la porte magique en 2010, entrer enfin au paradis du Manège Enchanté. J'ai nommé la dérégulation de la profession vétérinaire qui n'est pas perçue comme une profession de santé par les décideurs. Je vais vous passer les tenants et les aboutissants des arcanes européennes, d'une part parce que je ne les connais pas, et d'autre part parce que des légistes vont essayer d'adapter en droit français ce qui a été établi entre Bruxelles et Strasbourg par des personnes n'ayant pas la tête à avoir ne serait-ce qu'un poisson rouge dans leur bureau. Tout ça pour vous dire qu'il n'ont pas du approcher beaucoup de vétérinaires praticiens de terrain depuis longtemps. Et quand je parle de vétérinaires praticiens de terrain, je me comprends : ce sont ceux qui travaillent en contact avec la clientèle au moins 2500 heures par an, qui font des gardes, qui se prennent la tête à adapter leur salle de radio aux normes de Tricastin, qui étudient leurs tarifs pour être eu plus prêt de la réalité sociale de leur clientèle, qui tentent de respecter le Code de Déontologie, le Code de Santé Publique, le Code du Travail et le Code des Impôts tout en rentabilisant leur entreprise. Oui, je sais : si un véto en paye de trop (d'impôts), c'est qu'il n'est finalement pas malheureux. Que les aigris se rassurent : il ne sera bientôt pas plus intéressant d'être véto en France que métallurgiste expatrié en Pologne.
Si on fait un peu de science-fiction en ce qui concerne les animaux de compagnie.
De grands laboratoires, ou leur écrans bancaires, investiront dans des chaînes de cabinets et de cliniques. Vous y trouverez à 90 % des produits de la marque Pfizac ou Mériantis. Vous n'irez plus chez le bon docteur Leveto qui aimait tant les bêtes, mais dans la structure qui vous offrira trois boîtes d'antibiotiques pour le prix de deux ou qui donnera en prime un grille pain pour trois ovariectomies. Une partie du comptoir d'accueil sera réservée aux facilités de paiement grâce à la société Sassfinance.
L'avantage sera que vous ferez des économies car la guerre des prix pourra enfin avoir lieu et que vous trouverez facilement le cabinet puisqu'il y aura de la publicité sur les rocades. Vous n'y perdrez pas en qualité puisque les bilans de compétence des employés vétérinaires seront régulièrement pratiqués par les managers sortis d'une grande école de commerce.
Il y aura des structures exclusivement réservées aux actes de convenances : stérilisation, vaccination et identification. A moins que tout acte ayant trait de près ou de loin à la mise en application de textes de loi soit réalisé par une catégorie de personnel soignant formés dans une ENAV (Ecole Nationale de l'Administration Vétérinaire). Dans ces structures, des vétérinaires travailleront à la chaîne huit heures par jour. Tout dépassement de temps dans une intervention chirurgicale sera retenue sur leur salaire. Il ne sera pas improbable que des vétérinaires défilent un jour en demandant un ralentissement des cadences infernales.
Il est même éventuellement probable que les vaccinations puissent avoir lieu dans des pharmacies.
Les cahiers des charges des grosses structures vétérinaires hospitalières seront telles que, pour assurer un service optimum, la prise en charge de votre animal nécessitera une avance de 200 euros. La moindre caudectomie de chat sera réalisée par une équipe de 5 personnes, avec un matériel anesthésie-réa-monitoring d'une valeur de 15 000 euros. Il est bien évident que le montant des honoraires sera à la hauteur de l'investissement en matériel et en personnel. N'y voyez point un profit financier, puisqu'il s'agira de fournir des prestations de qualité par des spécialistes formés dans les meilleurs écoles européennes privées.
Détendez-vous, ce n'était que de la science-fiction, après tout.
11:49 Publié dans Pause café | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : profession, directive service, vétérinaire, europe, publicité |
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Commentaires
Allons allons mon enfant;
Ne sais-tu pas que ta maman de Bruxelles te mitonne un avenir radieux, bien à l'ombre des règlementations-dérèglementations qui nous ont mis la tête dans le trou et qui vont continuer plus fort encore?
Et tout cela pour ton bien?
Ingrat va.
Tu sais, nos chers crânes d'oeufs européens travaillent dur, entre deux ébrouements-rafraîchissements à la piscine de Strasbourg construite selon leurs voeux, à concocter, dans leurs bureaux bien douillets, des règlementations à la lecture de plus en plus complexe mais au résultat bien clair, savoir, l'appauvrissement des plus faibles, les contribuables et leurs animaux de compagnie, et l'enrichissement des puissants, labos, fabricants d'aliments pour animaux et autres inventeurs géniaux de techniques et technologies épastrouillantes, censées faciliter notre vie et celle de nos petits amis. A des prix promotionnels, cela va de soi.
Le futur des animaux et des vétos qui vont avec?
Mais mon petit, les machines voyons, les machines.
D'ailleurs, toi et tes petits camarades n'auront même plus à suer sang et eau au long d'interminables études. Il leur suffira d'avoir un CAP de graisseur.
De graisseur?
Oui, de graisseur. C'est le métier que faisait mon arrière grand père qui oeuvrait sur machines à vapeur. Même pas de CAP d'ailleurs. En trois jours, il avait appris les gestes augustes du graisseur et, durant 41 ans, avec sa burette grand modèle, il passa en revue tous les trous de graissage d'une foule de ces superbes engins dont le fonctionnement demandait une lubrification soignée.
Comme nous vivons désormais dans un monde de machines mais que l'on n'a pas trouvé de système qui, depuis les usines d'huile et de graisse, ravitaille seul toutes les machines du monde technologique, il faut bien des graisseurs. Des graisseurs partout. Et des sous-graisseurs pour emplir les burettes. Et des nettoyeurs pour nettoyer les traces que laissent ces techniciens supérieurs que sont les deux catégories sus citées.
Ouf ! Je suis à court d'idées mon petit.
Allez ! Habille toi. Maman va aller te chercher ta petite burette pour que tu puisses commencer à t'entraîner. Tu vas prendre le petit chien Sony. Il a besoin d'huile dans les pattes arrière.
pcc Maurice Caron.
Ecrit par : caron | 22/04/2009
VETERINAIRES : CORPORATION DE FRICARDS !
Est-il normal que les prix des consultations chez les vétérinaires soient largement supérieurs aux prix pratiqués par les médecins spécialistes attentifs à la santé des humains ?
En aucun cas.
Absolument rien ne justifie les prix exorbitants affichés par ceux qui travaillent sur la santé animale.
Certes on me rétorquera qu'un vétérinaire n'a pas à se comparer à un médecin puisqu'il n'en a pas les qualités et que de ce fait ses prix ne sont pas basés sur ceux d'un médecin. Ce qui n'est pas faux.
Sauf que dans l'absolu il est indécent de payer plus cher pour faire soigner son animal que pour se soigner soi-même.
Je souhaite donc m'élever contre cet état de fait inique devenu structurel, dénoncer non pas la profession en elle-même mais ses abus quant à la rémunération de ses acteurs en blouse blanche. Il y a une différence entre payer à sa juste valeur un service vétérinaire et engraisser indûment une corporation pratiquant la malhonnêteté non dans la qualité de ses services mais dans ses prix (en pariant sur la sensibilité des maîtres : subtil chantage affectif).
Le fait qu'un vétérinaire fasse payer ses services deux à trois fois plus chers que ceux d'un médecin spécialiste constitue en soi une arnaque. Libre à chacun, il est vrai, de franchir le seuil de son cabinet. On a le droit d'être victime consentante de la sottise et de faire preuve de sentimentalité déplacée envers son compagnon quadrupède... Mais du côté des vétérinaires, a-t-on le droit d'exploiter le filon de la sensiblerie citadine, d'abuser de la vulnérabilité psychologique des maîtres à la pensée avachie pour leur "lourdement alléger" la bourse en quelques minutes ?
Si les naïfs dupés par leurs vétérinaires en ont les moyens financiers, après tout pourquoi pas ? Il faut bien que l'argent superflue circule, qu'il serve à quelque chose. A condition que cet argent si facilement soustrait aux maîtres nantis serve à soigner les animaux des plus démunis moyennant honoraires raisonnables, voire réduits à zéro dans certains cas.
Pourquoi la vaccination d'un chat devrait-elle être plus coûteuse que la vaccination d'un humain ? En vertu de quels critères ? Dans les deux cas l'acte est anodin, les produits de base issus des mêmes sources. Pourquoi une telle différence dans les prix ?
Je trouve indécent de payer trois fois le prix d'un médecin spécialiste pour faire soigner son animal. Je trouve honteux de faire payer 10 fois plus cher un vaccin pour chat qu'un vaccin pour humains. Je trouve scandaleux qu'un vétérinaire s'enrichisse éhontément en pratiquant de tels prix sous prétexte qu'il est vétérinaire...
Les vétérinaires font des actes commerçants quand les médecins font des actes médicaux. C'est ce qui distingue essentiellement l'activité de ces deux corporations. Jadis les pauvres se faisaient soigner par le vétérinaire, moins cher que le médecin des hommes. De nos jours seuls les maîtres aisés, voire fortunés peuvent se payer le luxe d'une visite chez le vétérinaire. Les gens plus modestes préfèrent garder leurs sous pour consulter leur médecin.
Tous les prétextes sont bons aux vétérinaires pour justifier leurs prix prohibitifs. Aucun ne tient la route.
Voilà l'illustration parfaite d'une forme de parasitisme professionnel légal.
Les vétérinaires prennent des marges de bénéfice dépassant toutes les bornes de l'honnêteté pour un service qui ne le légitime définitivement pas.
Il existe peut-être des vétérinaires honnêtes mais je ne les connais pas personnellement.
Raphaël Zacharie de IZARRA
raphael.de-izarra@wanadoo.fr
Ecrit par : Raphaël Zacharie de IZARRA | 07/05/2009
Cher Izzara
VETERINAIRES : CORPORATION DE FRICARDS !
Diable !
Pour un peu, nous aurions pu croire à un gros titre sur Marianne ou l'Express.
« Les Banquiers, tous pourris ? » ou « Les ministres piquent-ils dans la caisse publique ? »
De fait, le titre polémique de votre billet démagogue est modifiable à l'infini. Changez vétérinaire par avocat, huissier, garagiste, réparateur à domicile, chanteur, notaire, assureur, ramoneur, pompes funèbres, trader, coureur cycliste (automobile), … vous verrez que vos soirées seront occupées. Bon courage.
Vous répondre point par point sortirait largement des objectifs de ce blog.
N'y voyez point une dérobade de ma part, mais plus un manque de temps. Comme on dit : « C'est que j'ai un métier, moi »
Il apparaît à la lecture de votre diatribe (d'ailleurs relayée à ce jour sur d'autres supports par vos soins), que vos propos ne souffrent pas de contestation possible. Et que votre opinion toute théorique s'est forgée dans une masse de fonte indestructible.
Tout votre commentaire est basé sur une notion comptable fausse dès le départ, rendant ainsi toute tentative de débat constructif impossible : « Le fait qu'un vétérinaire fasse payer ses services deux à trois fois plus chers que ceux d'un médecin spécialiste (…) »
Si l'on estime une consultation vétérinaire à 30 € TTC (oui, la profession est assujettie à une TVA de 19.6%, ce qui donne 25.08 hors taxes) cela reviendrait à dire que, mettant la TVA de côté, les honoraires d'un spécialistes seraient de 10 à 15 euros. Je crois savoir qu'il n'en est rien !
Enfin vous précisez que « Les vétérinaires prennent des marges de bénéfice dépassant toutes les bornes de l'honnêteté »
je vous renvoie ici :
http://www.veterinaire.fr/documents-v2/Fiches_pratiques/0093.pdf
(à moins que vous ne soyez un adepte de la théorie du complot, les chiffres émis par le Conseil Supérieur de l'Ordre – sous la tutelle directe du Conseil d'Etat – ne sont pas contestables sauf si vous y voyez la justification de ce parasitisme légal))
Je vous convie à parcourir ce blog expliquant la profession de vétérinaire à des personnes qui nous regardent parfois comme des extra-terrestres ou des privilégiés.
Cordialement.
Ecrit par : françois | 07/05/2009
hou
Heureusement que vous lui avez répondu !!!!!!!!!
(ça fait toujours mal de se faire traiter de voleur par des clients qui n'ont toujours pas réalisé que véto c'est pas médecin pour lequel on ne paye que la partie émergée de l'iceberg)
bon je ne peux pas encore dire "confraternellement"
mais l'intention y est :)
Ecrit par : exhalaison | 16/05/2009
juste un oubli dans la liste de ce remarquable script pour film (catastrophe) de SF, pardon, d'anticipation: le paiement automatique par carte bleue de l'appel passé pour un "conseil" ou un "renseignement", lesdites structures "ayant les moyens dé fou faireu payer" (à prononcer avec un accent minimum alsacien) enfin ce temps passé à essayer de contracter un cancer du cerveau, enfin, de ce qu'il en reste, après des années, voire des décennies de téléphonite (je sais, c'est un néologisme).
bah, mieux vaut parler de musique, ça adoucit les moeurs. paraît-il.
Ecrit par : Lefty | 18/05/2009
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