12/10/2009
A quoi sert un vétérinaire ?
Je me demandais récemment si la poste servait à quelque chose.
J'en suis hélas à me poser la même question au sujet de la profession vétérinaire. Ah oui, bien sûr, pour identifier les zanimaux ou dépister les délinquants canins, ramasser les zozios morts sur les étangs ou les plages mazoutées, vacciner les cheptels ovins en urgence, ou à l'extrême pour des triples ostéotomies du bassin ou des échocardiographies.
Mais pour le reste ?
Il est possible de se procurer illégalement des vaccins pour les chiens et les chats et de faire soi-même l'injection.
On peut prendre en photo la maladie de peau et chercher sur le net à quoi cela correspond (au pire, on la montre à un véto éventuellement disponible passant dans une salle d'attente)
La vente de médicaments destinés aux animaux va être soit libéralisée (en gros vermifuge et anti-diarrhée seront en grandes surfaces) ou soit d'une lourdeur telle (registre, suivi des lots, traçabilité, conservation des documents pendant 20 ans ) qu'au bout du compte, on jettera l'éponge en ne gardant que les produits injectables. A moins qu'un facétieux fonctionnaire européen (ceux assis derrière un bureau et qui sont - grassement - payés pour avoir de bonnes idées ou rédiger de gros rapports) décide de nous interdire ce que certains estiment être un privilège scandaleux.
Les sites Internet de diagnostic en ligne sont à l'affût (guettant la moindre faille déontologique ou brêche dans une directive européenne) et la mondialisation va permettre d'acheter sur un site étranger (je n'ose pas dire de quel pays, les gens sont parfois suceptibles !) des médicaments frelatés.
En outre l'amélioration obligatoire des plateaux techniques rendra la moindre intervention chirugicale tellement onéreuse, que plus personne ne voudra avoir un animal. Un poisson rouge, peut-être. Au moins, il ne dérangera pas les voisins en aboyant.
Il restera donc de brillants affairistes (ceux qui envisagent déjà la prochaine libéralisation de la profession avec grande joie) ou de brillants confrères aux honoraires inacessibles à moins d'appartenir à une catégorie socio-professionnelle pouvant acheter sa première Rolex bien avant 50 ans.
Les vétérinaires biologistes sont évincés de certains emplois par décision unilatérale de Mme Bachelot (ministre des pharmaciens de la Santé) sans que notre propre ministère de tutelle ne réagisse.
Alors oui, au XXI siècle, je me demande à quoi servira la profession vétérinaire.

10:44 Publié dans Pause café | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : profession, europe, vétérinaire, médicament, chien, chat, diagnostic |
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Commentaires
Bonjour, je me plais à lire votre blog mais ce post m'alarme... En effet, ma famille à quatre pattes est composée de 2 chiennes, 2 chats, 1 furet et des tortues... (tous sont stérilisés à l'exception de la furette qui est encore trop jeune et les tortues...), les vaccins sont à jour et identifications effectuées...
Aujourd'hui il est vrai qu'internet me permet de me renseigner sur les symptômes mais en aucun cas cela ne remplace une visite vétérinaire... pour le bien être de mes amours.
Je suis également famille d'accueil pour une association de protection animalière et heureusement nos membres vont chez le vétérinaire dès besoin... et n'attendent pas la catastrophe.
J'espère seulement que les gens, malgré les difficultés économiques de chacun, n'oublieront pas que les seuls à même de juger CORRECTEMENT la santé d'un animal est bien quelqu'un qui a suivit une formation et non un simple clic dans un univers bourré de fautes et de données erronées auxquelles on ne peut que rarement faire confiance.
Ecrit par : noushtania | 16/10/2009
L'évolution de l'exercice vétérinaire est actuellement suspendu à la mise en place de la Directive Service. Le but est d'augmenter la concurrence afin de faire baisser les prix (dans tous les commerces) et ainsi augmenter la consommation.
Notre profession est considérée comme une profession de service/commerce et non pas de santé (ce qui d'ailleurs augmenterait de façon drastique le niveau d'exigence sur la qulité des soins et des installation, au même titre qu'une structure hospitalière humaine, mais il ne s'agirait que de santé animal et non pas de santé humaine, donc ces exigences seraient disproportionnées).
l'ouverture à des capitaux extérieurs va certainement entrainer le développement de structures dont le seul soucis sera la rentabilité. il est possible que cela entrainera une baisse des prix, mais quelle en sera la contrepartie pour le consommateur qui aime ses animaux ?
l'arrivée de la publicité (jusqu'ici interdite pour notre profession) va devoir habituer le client à lire entre les lignes pour les services affichés et ceux réellement proposés.
si en effet quelqeus possesseurs d'animaux sont bien conscient de l'utilité d'un véto, de plus en plus, c'dt logique en ces périodes de crise, cherchent par leur propres moyen à dépenser le moins possible et à soigner par eux même. Et quand cela ne va pas, et ces propriétaires vont enfin chez le véto qui doit suauver un animal plus que malade, mais le sauver si possible au plus faible cout. (en gros faire crédit pour 100 euros sur 1 an....)
la notion de santé , rentabilité et consommation n'ont jamais été prévus pour s'harmoniser.
Ecrit par : françois | 17/10/2009
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