08/04/2011

La dernière séance.

Le maitre, comme l'animal, n'est plus très jeune. L'homme va encore à peu près bien, le chien aussi malgré tout. Un peu d'arthrose, des dents bien entartrées (beurk), des oreilles pas très propres, certes une légère maigreur mais pas de PUPD.

Le motif de la consultation est souvent futile. L'odeur, oui. Des crises convulsives parfois mais si peu, ou pourquoi pas une boiterie récurrente à froid. Mais comme le coeur est bon, que le thermomètre affiche un gentil 38.9, que la palpation abdominale et le toucher rectal sont  corrects, et que les muqueuses sont bien roses, on ne s'affole pas et on prédit encore quelques années heureuses à l'animal qui vient d'atteindre son espérance de vie. Sauf que...

Sauf que la chambre au foyer-logement est réservée. Que personne ne peut prendre en charge un chien de 11 ans aboyant toute la journée lorsque son propriétaire s'absente. Et puis, bon, ben, oui, c'est le règlement intérieur (hygiène, tranquillité obligent) : les animaux des pensionnaires ne sont pas acceptés.

Alors la boiterie du matin, ou la petite toux chronique devient un cas d'importance extrême. "Je ne voudrait pas qu'il souffre, et puis, à son âge... hein... "

Du coup, on conforte dans la décision finale pour que la personne âgée quitte le cabinet sans trop de regrets, avec une laisse et un collier se balançant au bout du bras. "En souvenir, vous comprenez ?"

29/07/2010

Refus de soins

J'avais déjà évoqué l'intéret des cas cliniques, leurs avantages, leurs inconvénients. Je suis tombé récemment dans la presse professionnelle sur un exemple qui m'a laissé un peu perplexe.

Un petit Kiki se prend un coup de balai sur le crâne (!) et est amené dans une clinique vétérinaire. Le traumatisme cranien est net sur la radio et il est pratiqué une reconstruction de la partie enfoncée. L'état général s'améliore, mais s'accompagne hélas de crises épileptiforme au bout de quelques semaines.

Autant dire qu'à la lecture de cet article, il en ressort un niveau de compétence et un talent certain de la part de mes confrères. Entre le monitoring, le suivi médical, l'évaluation neurologique, la technique chirurgicale... Disons qu'entre eux et moi, il y a autant de différence entre moi sur un vélo et le vainqueur du Tour de France. C'est d'ailleurs avec plaisir que j'ai lu leur article très bien documenté.

Toutefois, l'apparition de complications neurologiques n'a pas été favorable car " l'animal est euthanasié 8 semaines après l'intervention en raison de l'apparition de crises convulsives que les propriétaires ont refusé d'explorer et de traiter ".

Je suis un peu gêné par le "ont refusé d'explorer et de traiter". Cela pose un jugement à mon sens sur ces propriétaires qui ont décidé d'arrêter les soins sur leur chien. Peut-être par soucis éthique, financier, moral... peu importe. Cette décision leur appartient et ils n'ont pas à  en porter le poids . On devine que cette décision n'a certainement pas été facile à prendre, surtout après le succès de la chirurgie. Beaucoup d'espoirs se sont certainement envolés lors de ces premières crises convulsiformes. On peut aussi regretter que les efforts engagés par l'équipe vétérinaire se soient finalement soldés par une "banale" euthanasie au bout de 2 mois de soins intensifs et à la pointe des progrès médicaux chirurgicaux.

J'ai déjà entendu ce  : " on a euthanasié car les propriétaires ont refusé les soins ". Quelle terrible responsabilité cela fait porter sur les épaules des propriétaires, quel superbe dédouanement lorsqu'il y a peut-être eut un problème de communication entre le véto et ses clients. Je préfère mille fois un "Face à la lourdeur/coût des soins, une euthanasie a été décidée". Même si au final la décision revient au maître, une euthanasie est le résultat d'un échange entre le véto et la personne qui dit "ok, on pique". L'euthanasie d'un animal ne se résume pas à un simple refus de soin.

 

(face à une recherche de certaines personnes concernant l'euthanasie en médecine humaine, je précise que tout commentaire sur cet aspect ne concernant pas un véto sera effacé. Merci de votre compréhension.)

22/01/2010

Souviens-toi, l'été dernier.

Les statistiques de ce site me donnent les requêtes ayant permis d'y aboutir. On retrouve souvent les mêmes termes : chien, chat, honoraires, vétérinaire, tumeur, etc.

Là, surprise. Enfin, non. Il faut s'attendre à tout et s'étonner de rien disait mon grand-père.

"comment euthanasier son chien soi-même"

Je n'invente rien, sinon cela n'aurait aucun sens comme disait un chroniqueur qui maintenant écrit les biographies de femmes politiques.

Voilà, il existe des gens qui veulent euthanasier eux-même leur chien. C'est à dire utiliser le produit toxique ad'hoc, et faire une intraveineuse (je le dis, comme ça, ils auront la réponse à leur question).

Sachant que le produit irrite un peu en périveineux, attendez-vous à ce que l'animal que vous aimez (je n'en doute d'ailleurs pas un seul instant) réagisse si vous ratez l'injection. Que vous savez bien pratiquer, évidemment. C'est tellement facile à faire une IV. Et puis si vous ratez... quatre pattes, donc quatre veines. Faaaastoche !

La dose : n'hésitez pas à mettre tout le flacon. Le résultat est garanti.

Evitez le tapis du salon. Ben, oui : les sphincters se relachant, urine et feces vont se répandrent rapidement. En gros, il va chier et pisser sous lui. Plus les gaz. Ah, oui ! Il y a les gaz aussi. C'est marrant vous verrez, un subtil mélange entre la merde et l'égout.

Vous avez raison, c'est une expérience à vivre, très sympathique.

Je vous conseillerais bien le fusil de chasse aussi, ou le hachoir à viande. Pas toujours efficace du premier coup, mais au moins cela présente l'avantage d'être plus économique que le véto du quartier qui va vous extorquer des honoraires exhorbitants avec ses gestes professionnels et son savoir-faire.

Un dernier conseil : vous faites pas gauler. Pas de témoins. Parce qu'entre acte de cruauté envers un animal, et exercice illégal de la médecine vétérinaire, vous ferez aussi une bonne petite expérience : celle des tribunaux, pauvre tache.

 

29/06/2008

Les vacances

Comme chaque année à cette époque, le blog est au ralenti ! La pelouse qui pousse, le VTT qui piaffe. Un peu plus de clients...

Et n'oubliez pas : si vous les aimez, vous les emmenez avec vous !

Je deviens de plus en plus moraliste lorsqu'on m'apporte des chiens de 15 ans à euthanasier en cette période estivale.

- Il est vieux, et il boite. Il doit souffrir.
- Oui, mais il existe des traitements.
- Mais il ne mange plus.
- Depuis combien de temps ?
- En fait, il mange moins. Et puis il a vomit ce matin.
- Vous lui avez donné sa gamelle hier soir ?
- Oui, il en a laissé. Et il a un kyste sur les fesses, on dirait une hémorroïde. C'est pas sain.
- Quand vous vous absentez et que vous revenez, il remue la queue, il est content de vous voir ?
- Ben... oui. Pourquoi ?
- Il attend votre retour, il est heureux quand il vous voit, il mange, et vous voulez le faire piquer ???
- C'est à cause des enfants, je voudrais pas qu'ils le trouvent mort un matin.

Enfin, bref, des dialogues comme celui-ci m'énervent royalement. Les "clients" le sentent à mon avis, car une fois sur deux, après la demande de renseignement sur les honoraires et les possibilités de rendez-vous par téléphone, l'appel ne donne pas de suite.

Tant mieux, tant pis, je ne sais pas. Sans doute d'autres confrères exécutent les basses oeuvres. A moins qu'une laisse accrochée à un arbre au fond d'un bois...

28/03/2008

Le pentobarbital

Il s'agit d'un des produits utilisé en France par des vétérinaires pour euthanasier les chiens et les chats. A faible dose, ses effets anesthésiques sont bien connus. Mais 5 ml en intra-veineuse suffisent pour soulager les dernières souffrances d'un chat, 10 à 20 pour un chien, 100 à 200 pour un cheval. C'est la seule formulation de ce produit distribué en France. Employé comme sédatif, il existait le Nembutal à destination humaine, qui a été retiré de la vente. A l'étranger , on trouve toujours du pentobarbital dans des médicaments humains (actifs par voie orale). Et cette molécule est utilisée en Belgique et en Suisse pour l'aide au suicide assisté.

Certes, on ne trouve pas habituellement une telle substance dans les étagères d'une pharmacie. Mais rien n'empêche une officine de se procurer du pentobarbital sous sa forme vétérinaire. Cela serait bien la première fois qu'une pharmacie ne puisse pas obtenir un produit soumis au Code de la Santé Publique. Je ne dis pas qu'une pharmacie en délivre, je dis qu'elle peut s'en procurer.

La profession vétérinaire étant aussi réglementée que la profession de pharmacien, et tout aussi respectueuse des lois, il est bien évident qu'un vétérinaire ne peut pas non plus en délivrer.

Je tenais à préciser ces données suite aux déclarations récentes du procureur de la république de Dijon dans l'affaire Chantal Sébire.

29/08/2007

Stérilisez vos chats et vos chattes !!!

Encore trouvé ce matin un carton à chaussures contenant des chatons vieux de 24-48h, déposés dans la nuit entre mon heure de fermeture et l'heure d'ouverture. Ces animaux sont restés au froid, sans nourriture pendant toute cette durée.

Honte à ces personnes lâches qui ne méritent pas de posséder un animal et qui en plus profitent gratuitement d'un service d'euthanasie de chatons.

Vous en faites quoi de votre grand-mère au mois de juin ?