30/03/2009

Seulement pour le meilleur

Ils sont incroyables ces labos.

Quand je m'étais installé, un gros laboratoire était venu me voir et m'avait "offert" une blouse, une sacoche, et je ne sais plus quoi. Bienvenue au club. Du jour où j'ai arrêté de commercialiser son antipuce, produit phare de la marque qu'on retrouve aisement en animalerie, aucun délégué n'est plus jamais venu me dire bonjour.

Lorsqu'un autre laboratoire a le bonheur qu'on lui achète l'essentiel de ses vaccins, aliments et autres babioles (tels les antibiotiques), ses délégués viennent vous courtiser tous les mois. Lorsqu'on arrête d'acheter leurs vaccins au profit d'un concurrent, même topo : silence radio et les visites s'espacent.

Ils reviendront me voir peut-être un jour pour sponsoriser leur beau voilier.

21/03/2009

La Traçabilité pour les Nuls

Chaque médicament (dans le sens défini par la loi ) possède une Autorisation de Mise sur Marché. Le médicament vétérinaire est aussi un médicament et il n'échappe pas à la règle. Jusquà présent on trouvait sur la boite de ces produits une date de péremption et un numéro de lot, le tout assorti d'un code barre. Mais face à une augmentation du nombre de présentations, il a fallu revoir cette codification. Un nouveau code dit GTIN permet d'identifier chaque présentation et de suivre les stocks. Ainsi il sera plus facile de savoir que le médicament 03605870501385 8a1711b 20/10/11... euh non, j'ai mal lu... 03605170501385 8a1711b 29/10/11... est entré dans les rayons le 20/03/2009 et que c'est ce médicament bien précisemment, à savoir 03605170501385 8a1711b 29/10/11 ... j'ai dit quoi ? 03605170501385 8a1711b 29/10/11 ? tst tst j'ai pas les yeux en face des trous aujourd'hui... c'est bien le 03605870501385 8a1711b 20/10/11 qui a été administré au chien identifié avec une puce électronique 250269602552491, euh... non 250269802552491.

20/03/2009

Infestation mondiale des puces

Ca fait peur, hein ? Mais moi aussi je suis capable de faire des titres à la Marianne...

Non, non, rassurez-vous : pas de puces mutantes en vue ou de prolifération digne d'un mauvais film de série Z. Mais bon, on arrive au printemps, et chez nous cela ne signifie pas le retour des hirondelles mais de ces chers petits parasites responsables de gratouilles et de dermatoses disgracieuses. Il faut donc dès maintenant réviser ses classiques et revoir son stock d'APE (Anti Parasitaire Externes pour les initiés).

Si on peut peut empiriquement admettre qu'il ya moinss de puces dans les saisons froides, il ne faut pas oublier que le chauffage dans les maisons fait perdurer une infestation latente.

Les conseils qu'il ne faut pas oublier (sans entrer dans une gueguerre de marque ou de molécule)
- choisir son antiparasitaire avec une molécule efficace. Les choses naturelles à base de plantes ont tout au plus un effet répulsif dans le meilleur des cas. Et sans vouloir faire l'éloge du lobby pharmaceutique, les APE à base de menthol et d'eucalyptus (par exemple et pour ne citer que ceux là) n'ont peut être pas été testés avant qu'ils soient distribués. Et les effets néfastes des huiles essentielles sont loin d'avoir été toutes étudiées. Les produits disponibles chez les vétérinaires sont des médicaments à part entière et il est possible de suivre leurs potentiels effets secondaires et indésirables. Pour les autres produits, cela n'est pas pris en compte.

- doser l'application : soit en utilisant le produit correspondant à la gamme de poids de l'animal traité, soit en pulvérisant les quantités recommandées par le fabricant (nombre de pressions sur le vaporisateur).

- on ne lave pas avant ni après (délai empirique de 48h)

- on ne sèche pas l'animal après application

- on traite tous les animaux de la maison

- on respecte la durée "efficace". Trop de clients disent qu'ils ont traité leur chien mais que cela ne sert à rien. Sauf que le dernier (et unique) traitement remonte à 3 mois et que le produit n'est efficace que 1 mois !

- on essaye de bien comprendre la différences d'action entre les molécules. Sachant qu'il n'existe pas de comprimé universel, ou de "vaccin" contre les puces. On le saurait. Certaines molécules ne sont actives que contre les oeufs, pas sur les puces adultes. Et si des comprimés existent bien, en effet, contre les puces adultes, leur action limitée et leur coût rendent leur utilisation impossible sur le long terme.

- ATTENTION : on vérifie bien la tolérance du chat à l'APE ! ! ce qui est efficace et sans danger sur le chien ne l'est peut être pas sur le chat.

Je radote sans doute mais...
N'hésitez pas à demander conseil à votre vétérinaire habituel (ou pas !) : c'est encore lui votre meilleur conseiller en matière de santé animale.

17/03/2009

ASV, le miroir aux alouettes

On en reçoit régulièrement par la poste. La plupart du temps l'auteur des lettres aime les animaux, est prêt à prouver son esprit d'équipe, et vient de trouver sa vocation : auxiliaire de santé animale chez un vétérinaire. Les loisirs se ressemblent : le cinéma, l'agility, l'équitation, la lecture ou les voyages. L'origine professionnelle est souvent assez éloignée de notre activité : grandes surfaces, restauration, horticulture. A croire que des organismes affiliés aux anciennes ANPE leur ont donné un modèle de curriculum vitae et de lettres de motivation. J'ai pris en stage certaines de ces personnes. Mais que dire de ces formations, dont certaines à distance, qui promettent en trois mois dans le pire des cas, de former au métier "d'infirmier vétérinaire" ? Comment expliquer à ces jeunes personnes qu'on leur a présenté un leurre au détour d'un enseignement parfois inadapté aux réalités pratiques de notre profession ?

A mon avis deux voies s'offrent au postulant : le GIPSA ou la formation sur le terrain en étant recruté par un vétérinaire qui assurera la formation sur le tas. Dans chaque cas, il y a des avantages et des inconvénients ; à chacun d'y trouver son compte. Quoiqu'il en soit, je ne pense pas qu'on puisse aborder ce métier sans un minimum de bagage biologique.

05/03/2009

The blog of a french vet

In the Voltaire's country, writing an english blog is not very easy. So, dear stranger friend, vet or not, you can now read a (bad) translation of my blog with the help of Mister Google !

04/03/2009

La pensée du jour

Je ne sais plus quel véto a dit : " Notre boulot c'est exactement comme celui d'un pédiatre : le patient ne parle pas." Je serais tenté de rajouter qu'en plus, nos patients ne nous racontent pas tout ! Et on nous en fait souvent la remarque : "Vétérinaire, c'est plus dur que médecin, passque les bêtes, elles disent pas où qu'elles z'ont mal !"

Alors oui, bien sûr, on arrive heureusement à poser des diagnostics, mais parfois ce n'est pas vraiment grâce au client :
- qui veut nous déposer vite fait l'animal et revenir le chercher quand on aura tout soigné.
- qui envoit soit le fiston de 15 ans, soit le fiston de 50 ans. Dans le premier cas, il ne sait pas grand-chose, et dans le second, non seulement il ne sait pas grand-chose, mais en plus cela l'em... royalement d'emmener le chien de ses vieux (quitte, d'ailleurs, à recommander l'euthanasie)
- qui nous assène des : " C'est vous qui décidez, c'est vous le véto ! "
- qui ne sait pas si son chien/chat urine, boit ou défèque normalement : "Ah ben, vous savez, il va faire ça tout seul dans le jardin, et puis il a une grosse cuve pleine d'eau de pluie pour boire. "
- qui nous demande de poser un diagnostic, un pronostic, et établir un traitement pour moins de 20€ alors que l'animal est malade depuis 1 mois - enfin, c'est ce qu'on nous dit - et que les seuls signes cliniques ne permettent pas de trouver l'affection de façon simple.
- qui a décidé, grâce aux informations glanées sur le net, que son chien avait une gammapathie monoclonale. Et donc qu'il s'étonne qu'on ne réalise pas tout de suite une immunoélectrophorèse des protéines plasmatiques, au lieu d'enfoncer bêtement le thermomètre dans les fesses.

Si tout était aussi simple, on le saurait depuis longtemps.

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