31/10/2013

Projet de découplage partiel et Journée sans vétérinaires

Alors que les réunions au plus haut niveau de l’Etat se succèdent, la mobilisation vétérinaire s’accélère avant le Conseil des Ministres du 13 Novembre 2013 où le projet de Loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt doit être présenté.

 

Comme déjà mentionné, les organisations professionnelles vétérinaires, réunies au sein d’un comité national de pilotage*, demandent le retrait pur et simple de la mesure de découplage partiel concernant les antibiotiques dits critiques, introduite par le Ministère de la santé.

 

Dans l’attente de ce retrait, les organisations professionnelles vétérinaires ont décidé de suspendre leur participation aux travaux du Plan Ecoantibio 2017 du Ministère de l’Agriculture. Ainsi, cet après-midi même, lors de la réunion du comité de pilotage élargi du Plan Ecoantibio 2017 qui a eu lieu au Ministère de l’Agriculture à 14 heures, la vice-présidente de la SNGTV et le président du Conseil supérieur de l’Ordre ont fait une déclaration solennelle et annoncé la suspension - avec effet immédiat - de cette participation aux travaux du Plan Ecoantibio 2017. Les représentants des organisations professionnelles vétérinaires ont alors quitté la réunion. Et juste avant ce départ, le représentant de la FNSEA a apporté publiquement son soutien aux vétérinaires.

 

Pour la journée d’action du 6 Novembre,  la  « Journée sans vétérinaires », l’Ordre va relayer les informations pratiques sur son site Internet. Pour la manifestation organisée à Paris, le départ sera donné à 11 heures à la gare Montparnasse pour se rendre au Ministère de la Santé, 14 avenue Duquesne dans le 7ème arrondissement. De nombreux élus ordinaux seront, à titre personnel, dans le cortège de la manifestation en tant que vétérinaires solidaires de la demande de retrait du projet de découplage partiel car ce projet entraînera une diminution de la qualité du service rendu au public et à l’Etat par les vétérinaires. Si l’Ordre n’est pas un syndicat, et n’a jamais à revendiquer quoi que ce soit, dans la mesure où il constitue aussi un représentant de la profession tout désigné par les tiers, notamment les Pouvoirs Publics, il a le devoir d’exprimer, avec force s’il le faut,  les effets délétères de mesures projetées. Voilà pourquoi l’Ordre est présent dans le comité de pilotage et est pleinement actif dans l’objectif de voir retirer la mesure inique de découplage partiel.


Info-Flash Conseil Supérieur de l'Ordre des Vétérinaires

30/10/2013

Le projet de loi agricole met en péril le monde vétérinaire

"Le projet de loi d'avenir pour l'agriculture comporte en l'état actuel un arbitrage choquant qui met en péril le monde vétérinaire"

François Patriat (Sénateur PS)

28/10/2013

C'est la faute à Leclerc.

L'antibiorésistance, cela vous dit quelque chose ?

"L’apparition de l’antibiorésistance est un phénomène naturel de défense des bactéries vis-à-vis de l’action exercée par l’antibiotique qui est là pour détruire ou arrêter la multiplication de la bactérie"


L'emploi massif et irraisonné des antibiotiques est souvent incriminé. L'accumulation de ces substances dans la viande animale est souvent montrée du doigt. La sur-utilisation dans l'élevage serait la cause principale d’antibiorésistance.

Malgré les efforts entrepris par les vétos, le ministère de la santé incrimine l'intégrité de notre profession irresponsable, et tellement âpre au gain qu'elle prescrit ce qu'elle va vendre, à grands coups de remises arrières. Ben tiens.

Mme Touraine a introduit un projet de loi visant à interdire aux vétérinaire la prescription d'antibiotiques particuliers, selon un mode qui laissera la porte à d'autres interdiction ultérieures.

Sauf que...

Sauf qu'il semblerait malgré tout, à moins d'être dans une superbe théorie du complot digne du 11 septembre, que l'emploi des antibiotiques en médecine vétérinaire ne serait pas la cause majeure de cette antibiorésistance. Laissons les commissions d'expert décider

Concrètement, pour mon chien, cela va changer quoi, cette interdiction ?

Nous n'en savons rien. Les antibiotiques critiques que Mme Marisol Touraine envisage d'interdire à la prescription vétérinaire ne seraient que les antibiotiques sensibles utilisés en dernier recours lors de septicémies gravissimes (je résume). Mais certaines molécules telles que amoxicilline+acide clavulanique (l'équivalent de l'Augmentin), largement répandue en pratique courante, seraient aussi inclues dans ce projet de loi.

Et puis probablement un jour, tous les antibiotiques. Et comme, le pouvoir discrétionnaire semble vouloir s'appliquer, après demain... la délivrance de tous les médicaments seront probablement retirés aux vétérinaires.

Donc...

1) Consultation

2) Prescription d'une ordonnance

Jusqu'ici, tout va bien.

Au pharmacien ensuite de s'assurer que l'ordonnance est correcte:

- poids

- posologie : différente des posologies humaines -,

Comment faire avaler les médocs : sans doute en faisant une démonstration avec le chat sur le comptoir (entre les dentifrices et les pastilles sur la gorge), ou peut-être dans une pièce à part, derrière le présentoir sur les chaussures orthopédiques.

Puis ensuite délivrer au comprimé près en respectant la prescription.

Bon, en semaine, cela devrait aller. Reste le problème des nuits et des jours fériés...

Je ne doute pas que les pharmaciens, grâce à leur formation s’acquitteront au mieux de cette tâche. Après tout, il y a bien de la vitamine C dans les grandes surfaces.

Le mercredi 6 novembre, la profession se mobilisera. Ne rêvons pas non plus. Nous n'avons pas l'impact des agriculteurs déferlant sur les voies rapides. Et nous ne sommes que 10 000 face aux 55 000 pharmaciens d'officine, que leurs confrères de l'industrie pharmaceutique ne manqueront pas de soutenir dans cette lutte pour l'acquisition de parts de marché concernant le médicament vétérinaire.

Ne manquez pas de prendre l'avis de mon confère blogueur.

29/01/2013

La douleur animale.

Comme me disait une fois une jeune consoeur : "Je voulais être véto pour soigner les chiens et les chats et parce j'aime les animaux. Depuis que je fais ce métier je ne vois que de la souffrance, je ne sais pas si je vais continuer longtemps".

Oui, dur dur.

La douleur chez les animaux a longtemps été très sous-estimée. L'emploi courant de la morphine n'est répandu que depuis dix à vingt ans. De nombreuses molécules antalgiques, alors qu'elles étaient utilisées à l'étranger, n'ont été commercialisées en France que très récemment. Heureusement, l'usage fréquent de ces substances permet de voir des animaux "heureux" après une chirurgie. Chaque protocole anesthésique incorpore maintenenant une lutte contre la douleur. Meilleure cicatrisation, meilleure reprise d'une activité, soins plus faciles, satisfaction du client,  et aussi, il faut le dire, du véto. Même chez les animaux de rente, cette douleur est prise en compte lors d'interventions. C'est dire.

Mais comme demandait un des lecteurs de ce blog à parution annuelle (ou presque !)  : comment on sait que notre animal souffre ?

D'un point de vue clinique, des critèress permettent d'évaluer cette douleur : posture, alimentation, fréquence respiratoire et cardiaque, ... Le clinicien met une note à tout ça et en fonction du total cela permet de voir si l'animal souffre plus ou moins. Il faut bien reconnaitre que cette approche de "scoring", pour intéressante qu'elle soit, n'est guère pratique lorsqu'on veut l'appliquer directement à son animal.

La comparaison avec des pathologies humaine permet de faire des analogies. Si un cancer humain fait souffrir, il n'ya aucune raiuson que cela ne fasse pas souffrir aussi chez un animal. Votre chien boite ? C'est qu'il a mal. Votre chat, pourtant gourmand, reste couché et ne va pas toucher à ses croquettes ? Il a sans doute mal (stomatite, abcès). Votre chien penche la tête ? Il a peut-être mal à une oreille.

En l'absence de signes extérieurs de douleur (le chien ou le chat ne parlent pas !) les traitements antalgiques devraient être quasi automatiques, même en cas de doute.

Parlez-en à votre véto !!!

 

08/06/2012

Rhino féroce

Il y avait hier soir un reportage sur le massacre des rhinocéros. On est certes très loin de celui perpétué quotidiennement en Syrie mais quand on sait ce que l'Homme est capable de faire à ses congénères, rien d'étonnant à ce qu'il agisse en barbare avec les animaux.

Les cornes sont arrachées, coupées à la machette et les rhino laissés agonisants, exsangues, dans la savane. A quoi ça sert une corne de rhino ? A rien. Cela ne doit pas avoir plus de vertu qu'une corne de vache ou qu'un bout d'ongle de mandarin chinois. Les asiatiques en sont fou et donne à cet ornement kératinisé de nombreuses propriétés selon les principes de la médecine traditionnelle chinoise. Certes de nombreuses études tentent de montrer l'inefficacité de la poudre extraite de cette corne, mais rien n'y fait. Remarquez, en France, on est persuadé que manger de la cervelle rend intelligent et des testicules de taureau ont autant d'efficacité que le viagra et le poivre réunis sur une tartine de ginbembre. Obscurantisme quant tu nous tiens...

Et à raison de 50 000 $ le kilo (et une corne pèse au moins 1 kilo, sachant qu'il y en a deux par animal), on imagine que les braconniers miséreux soient attirés par le gain de cette chasse ignoble.

Et quon ne vienne pas me parler des bienfaits de la médecine chinoise.

 

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04/02/2012

Les tumeurs mammaires (bis)

Les tumeurs mammaires (chez la chienne ou chez la chatte) est un sujet qui semble attirer beaucoup de monde ici. J'ai donc fermé les commentaires du premier billet, pour en ouvrir un autre. Si ce blog n'est pas spécialement un ersatz de SOS Véto Bobo, il peut toutefois rester un lieu d'échange et de recherche d'informations. Je demanderai donc aux auteurs de commentaires, soucieux de la santé de leur animal, de bien lire les deux articles consacrés à cette pathologie. Afin de ne pas alourdir les textes à consulter par la suite, je me réserve le droit d'effacer les questions qui :

1) n'amèneraient pas forcemment une réponse générale profitable à tout le monde

2) ont leur réponse dans les précédents articles et commentaires.

3) qui ne peuvent être solutionnées que par une connaissance précise du cas clinique et donc que par le véto qui suit votre animal. De façon générale, retenez malgré tout, et j'insiste lourdement, que la réponse la plus adaptée à votre question ne peut être apportée que par un véto ayant connaissance du cas clinique (donc avec votre animal sous les yeux et avec la possibilité de pouvoir dialoguer de vive voix avec le propriétaire de l'animal).

Enfin, ce blog reste un blog et n'est pas un site de santé animale. En cas d'urgence, ou lorsque la souffrance animale vous semble trop forte, contactez le véto le plus proche de votre domicile

Je me permets de reprendre une longue réponse de T1F1 fort bien argumentée parue dans l'article précédent.

Une masse, si petite soit elle, peut être un cancer très agressif, surtout chez le chat, donc le mieux est d'opérer dès la détection, quant à savoir si on enlève la masse, la mamelle, la demi-chaine ou la chaine complète c'est en effet une partie de poker, on peut orienter le choix ainsi :


- pour la chatte : 90% des tumeurs sont cancéreuses, donc on enlève la chaine complète, ça ne prend pas beaucoup plus de temps et ça évite de ré-intervenir 4 ou 5 fois (sauf animal débilité ou opération de confort)

- ce n'est pas parce que la ou les tumeurs étaient bénignes d'un côté qu'elles le sont de l'autre, il n'y a aucune communication entre les 2 chaines mammaires.

- oui un mâle peut avoir des tumeurs mammaires, je trouve choquant qu'une telle question vienne d'un véto!
- pour la chienne : 50% de tumeurs cancéreuses, donc c'est au véto d'orienter le choix du propriétaire, en fonction de l'aspect et de la vitesse d'évolution de la tumeur (on ne peut pas déterminer le grade d'un tumeur autrement que par l'histologie, mais certains critères cliniques sont plus péjoratifs : évolution rapide, grappe ou placard...). Personnellement je préfère enlever au moins une demi-chaine mammaire.


- effectuer une autre opération (stérilisation, détartrage) en même temps qu'une mammectomie est une prise de risque importante qui doit bien être expliquée au propriétaire :


- la stérilisation, outre le peu d'intérêt qu'elle apporte à l'animal (il y a déjà des tumeurs, donc c'est trop tard pour la prévention, même sur l'autre chaine; le seul intérêt étant la prévention d'un éventuel pyomètre), augmente considérablement le temps opératoire et donc la durée d'anesthésie sur animal déjà âgé qui risque d'avoir du mal à s'en remettre. Personnellement, à part volonté explicite du propriétaire, je la déconseille.


- le détartrage... bah voyons! On vient de faire une longue cicatrice cutanée, un temps opératoire souvent long, avec le risque infectieux que ça comporte et là on s'amuse à mettre tout un tas de bactéries (la plaque dentaire) en suspension dans l'air, ces petites bactéries vont être super contentes de trouver la cicatrice pour aller s'y développer du mieux qu'elles pourront.


- des placards oedématiés sur une chatte jeune (moins de 4 ans) sur une ou plusieurs mamelles, à 90% ce ne sont pas des tumeurs mais des mastoses (c'est le cas d'une dame un peu plus haut). On les rencontre presque toujours sur des chattes prenant la pilule.
Dans ce cas l'exérèse des masses est fortement déconseillée (plusieurs descriptions de CIVD sur ce type d'opération), le traitement de choix est l'ovario-hysterectomie (car la prise de la pilule entraine presque toujours des anomalies structurelles sur l'utérus), et les corticoïdes. Si c'est insuffisant, alors on envisage l'éxérèse des masses.

- de préférence attendre 2 à 3 mois entre l'exérèse des 2 chaines mammaires (éventuellement et enlever la chaine la + touchée et 1 ou 2 masses sur l'autre).

- fuyez un vétérinaire qui vous certifie qu'à la palpation il peut vous dire si c'est cancéreux ou pas. Il existe des critères péjoratifs (évolution rapide, rougeur importante, oedème, masse irrégulière, en grappe ou en placard), mais qui n'apportent aucune certitude. J'ai aussi déjà vu un grain de riz étant un adénocarcinome de grade 3.

- une pathologie cardiaque ou rénale n'empêche pas forcément la chirurgie, ce sont les analyses complémentaires (échocardiographie, biochimie...) qui vont préciser le risque ASA et ça reste au propriétaire de prendre la décision en connaissance de cause, je suis sidéré qu'un anesthésiste d'école véto refuse d'opérer un animal à 14 de créatinine, sauf s'il y a d'autres problèmes. J'ai opérer des animaux bien plus débilités que ça sans aucun soucis, surtout dans le cadre de l'école avec le monitoring et un anesthésiste dédié à l'animal (luxe que peu de vétérinaires peuvent avoir).

Quoiqu'il en soit, en présence d'un masse mammaire à forte suspicion tumorale, la meilleure démarche est d'intervenir tôt et de manière large, et de faire analyser. Le bilan d'extension (radiographie pulmonaire) s'il est systématique dans un cadre scolaire (bah oui on apprend donc on fait au mieux, peu importe ce que ça coûte), est à relativiser dans le cadre de la pratique courante : il faut le proposer, en expliquant l'intérêt, mais ne pas l'imposer. Par contre si on pense qu'il a un véritable intérêt (suspicion de tumeur cancéreuse), il faut le recommander fortement.