25/04/2009
Au royaume des aveugles, les charlatans sont les rois
Une recherche sur Internet m'a amené sur le site Sens Commun qui s'attache à défendre le bon sens contre les charlatans et les croyances populaires. J'adhère totalement à cette démarche luttant contre un certain obscurantisme.
La médecine actuelle occidentale utilise des raisonnements et des produits validés par des études. Descartes est passé par ici. Hors de question de commercialiser un produit et de le qualifier de médicament s'il n'a pas été soumis à une batterie de tests. L'efficacité doit être prouvée, c'est comme ça. Si ce principe n'est pas admis par certaines personnes (sous des prétextes religieux, communautaires, traditionnels, alter mondialistes, ou de lutte contre les lobbies pharmaceutiques), nous (enfin, je) n'y pouvons rien. Ces personnes peuvent tenter de vivre dans des régions où les décoctions d'orties et les onguent à base de vinaigre servent à soigner 95% des affections. Oeil de vipère et bave de crapaud dans un grand chaudron en train de bouillir... on en rigole, mais hélas, dans le principe cela existe toujours, même en France. Ne pas oublier que tout ce qui est naturel n'est pas obligatoirement dénué d'effets néfastes quand ils ne sont pas carrément toxiques
Il s'avère que les résultats de cette médecine moderne sont documentés, existent et sont étudiés avec des outils mathématiques et statistiques.
La médecine dite alternative ou parallèle (comme dans les mondes parallèles ?) n'entre pas dans ce moule. Aucune étude digne de ce nom n'a prouvé quoi que ce soit. On pourrait rétorquer que ces études sont menées par de puissants laboratoires aux moyens financiers colossaux ne désirant pas vraiment prouver l'efficacité de ces autres médecines. Certes ces études coutent cher. Certes elles demandent des infrastructures lourdes. Mais les défenseurs des médecines alternatives n'ont en fait aucun intérêt à valider leurs principes car cela leur ferait perdre ipso facto leur image de marque en les faisant entrer dans le circuit usuel de la médecine moderne.
Et hélas, on ne pourra jamais montrer que l'Aloe vera possède toutes les vertus que ses utilisateurs veulent bien lui prêter.
Enfin, on pourra lire cet article (Sophisme "Affirmer la conséquence") reprenant ce que toute personne douée d'un minimum de bon sens comprendrait, si tant est qu'elle ne veuille pas désorienter un auditoire naîf et crédule.
Ainsi, utiliser des statistiques montrant une augmentation des cancers du cerveaux et les mettre à coté du nombre croissant de ventes de téléphones portables n'a jamais prouvé que les ondes de ces téléphones étaient responsables de quoi que ce soit.
Ah, oui, tiens, une bien bonne... c'est à cause de l'invention de la roue que nous avons tous ces morts sur la route. Il faudrait interdire la roue.
11:24 Publié dans Comment ça marche ? | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : croyance, médecine, science, efficacité |
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22/04/2009
Vétérinaire cherche stage de formation chez plombier
Ca y est nous y sommes. Notre profession va franchir la porte magique en 2010, entrer enfin au paradis du Manège Enchanté. J'ai nommé la dérégulation de la profession vétérinaire qui n'est pas perçue comme une profession de santé par les décideurs. Je vais vous passer les tenants et les aboutissants des arcanes européennes, d'une part parce que je ne les connais pas, et d'autre part parce que des légistes vont essayer d'adapter en droit français ce qui a été établi entre Bruxelles et Strasbourg par des personnes n'ayant pas la tête à avoir ne serait-ce qu'un poisson rouge dans leur bureau. Tout ça pour vous dire qu'il n'ont pas du approcher beaucoup de vétérinaires praticiens de terrain depuis longtemps. Et quand je parle de vétérinaires praticiens de terrain, je me comprends : ce sont ceux qui travaillent en contact avec la clientèle au moins 2500 heures par an, qui font des gardes, qui se prennent la tête à adapter leur salle de radio aux normes de Tricastin, qui étudient leurs tarifs pour être eu plus prêt de la réalité sociale de leur clientèle, qui tentent de respecter le Code de Déontologie, le Code de Santé Publique, le Code du Travail et le Code des Impôts tout en rentabilisant leur entreprise. Oui, je sais : si un véto en paye de trop (d'impôts), c'est qu'il n'est finalement pas malheureux. Que les aigris se rassurent : il ne sera bientôt pas plus intéressant d'être véto en France que métallurgiste expatrié en Pologne.
Si on fait un peu de science-fiction en ce qui concerne les animaux de compagnie.
De grands laboratoires, ou leur écrans bancaires, investiront dans des chaînes de cabinets et de cliniques. Vous y trouverez à 90 % des produits de la marque Pfizac ou Mériantis. Vous n'irez plus chez le bon docteur Leveto qui aimait tant les bêtes, mais dans la structure qui vous offrira trois boîtes d'antibiotiques pour le prix de deux ou qui donnera en prime un grille pain pour trois ovariectomies. Une partie du comptoir d'accueil sera réservée aux facilités de paiement grâce à la société Sassfinance.
L'avantage sera que vous ferez des économies car la guerre des prix pourra enfin avoir lieu et que vous trouverez facilement le cabinet puisqu'il y aura de la publicité sur les rocades. Vous n'y perdrez pas en qualité puisque les bilans de compétence des employés vétérinaires seront régulièrement pratiqués par les managers sortis d'une grande école de commerce.
Il y aura des structures exclusivement réservées aux actes de convenances : stérilisation, vaccination et identification. A moins que tout acte ayant trait de près ou de loin à la mise en application de textes de loi soit réalisé par une catégorie de personnel soignant formés dans une ENAV (Ecole Nationale de l'Administration Vétérinaire). Dans ces structures, des vétérinaires travailleront à la chaîne huit heures par jour. Tout dépassement de temps dans une intervention chirurgicale sera retenue sur leur salaire. Il ne sera pas improbable que des vétérinaires défilent un jour en demandant un ralentissement des cadences infernales.
Il est même éventuellement probable que les vaccinations puissent avoir lieu dans des pharmacies.
Les cahiers des charges des grosses structures vétérinaires hospitalières seront telles que, pour assurer un service optimum, la prise en charge de votre animal nécessitera une avance de 200 euros. La moindre caudectomie de chat sera réalisée par une équipe de 5 personnes, avec un matériel anesthésie-réa-monitoring d'une valeur de 15 000 euros. Il est bien évident que le montant des honoraires sera à la hauteur de l'investissement en matériel et en personnel. N'y voyez point un profit financier, puisqu'il s'agira de fournir des prestations de qualité par des spécialistes formés dans les meilleurs écoles européennes privées.
Détendez-vous, ce n'était que de la science-fiction, après tout.
11:49 Publié dans Pause café | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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